Mon conjoint fait des pauses respiratoires la nuit : que faire ?

Vous êtes allongé à côté de votre conjoint. Il ronfle, puis soudain le bruit s’arrête. Plus rien pendant quelques secondes. Ensuite, il reprend sa respiration bruyamment, parfois avec un souffle, un sursaut ou l’impression qu’il cherche son air.

La première fois, on se demande souvent si l’on a bien vu. Lorsque la scène se répète plusieurs fois dans la nuit, la question devient plus inquiétante : est-ce que ce sont des apnées du sommeil ?

Des pauses respiratoires observées par l’entourage font effectivement partie des signes pouvant évoquer un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, ou SAHOS. Mais ce que vous voyez dans le lit ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic.

La bonne démarche consiste plutôt à observer quelques éléments utiles, vérifier s’il existe d’autres signes et en parler à un professionnel de santé lorsque les épisodes sont répétés ou associés à d’autres symptômes.

Qu’est-ce qu’une pause respiratoire observée pendant le sommeil ?

Dans le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, les voies aériennes situées à l’arrière de la gorge se ferment partiellement ou complètement pendant le sommeil. Le passage de l’air diminue alors fortement ou s’interrompt temporairement.

Après quelques secondes, l’organisme réagit. Un très court éveil, généralement inconscient, permet aux muscles de la gorge de retrouver suffisamment de tonus pour que la respiration reprenne.

C’est ce mécanisme qui peut produire la séquence assez caractéristique observée par le conjoint :

ronflement → silence respiratoire → reprise de la respiration, parfois bruyante → nouveau ronflement.

Dans un véritable enregistrement médical du sommeil, les événements respiratoires répondent à des critères précis. Une apnée est notamment définie à partir de la mesure du débit respiratoire et de sa durée. Chez l’adulte, les événements pris en compte durent au moins dix secondes.

Mais regarder quelqu’un dormir avec un chronomètre n’est pas un examen médical. Vous ne mesurez ni son débit respiratoire, ni ses efforts respiratoires, ni son oxygénation.

Une pause respiratoire que vous observez est donc un signe à signaler, pas un diagnostic à faire soi-même.

Si vous cherchez plus largement à comprendre les signes qui peuvent évoquer ce trouble, vous pouvez également lire notre article Apnée du sommeil : comment savoir si j’en fais ?

Pourquoi le conjoint remarque-t-il souvent le problème en premier ?

C’est assez logique : la personne qui fait des apnées dort.

Les interruptions de respiration peuvent provoquer de nombreux micro-éveils au cours de la nuit, mais ils sont généralement trop courts pour être mémorisés. Au réveil, la personne ne se souvient donc pas d’avoir repris sa respiration des dizaines de fois.

Elle peut même être persuadée d’avoir dormi normalement.

Le conjoint, lui, entend le ronflement s’interrompre. Il remarque le silence, les mouvements du thorax, une reprise respiratoire particulièrement forte ou un sursaut. Il peut observer le phénomène plusieurs fois au cours d’une même nuit.

C’est pour cette raison que, lors d’une consultation pour suspicion d’apnée du sommeil, ce que l’entourage a remarqué est une information réellement utile. L’Assurance Maladie indique d’ailleurs que le médecin interroge le patient sur les troubles qu’il ressent lui-même mais aussi sur ceux observés par son entourage.

Quels autres signes faut-il rechercher ?

Une pause isolée ne permet pas de tirer de conclusion. En revanche, certains éléments associés rendent la situation plus évocatrice.

La nuit, vous pouvez remarquer un ronflement important et régulier, plusieurs pauses respiratoires, des reprises de respiration bruyantes ou haletantes, un sommeil agité, des réveils en sursaut avec sensation d’étouffement ou encore de nombreux levers pour uriner.

Mais les indices importants se trouvent aussi pendant la journée.

Votre conjoint se lève-t-il fatigué malgré une nuit apparemment suffisamment longue ? S’endort-il facilement devant la télévision, après les repas ou dès qu’il reste assis quelques minutes ? Se plaint-il de maux de tête au réveil, de difficultés de concentration, de mémoire ou d’une impression de sommeil qui ne repose jamais vraiment ?

Une somnolence excessive dans la journée est particulièrement importante à signaler.

À l’inverse, l’absence de fatigue spectaculaire n’exclut pas forcément un trouble respiratoire du sommeil. Les manifestations peuvent être différentes d’une personne à l’autre.

Faut-il réveiller son conjoint lorsqu’il arrête de respirer ?

Lors d’un épisode typique d’apnée obstructive du sommeil, la respiration reprend spontanément après un micro-éveil. Il n’est donc généralement pas nécessaire de passer la nuit à réveiller votre conjoint à chacune des pauses que vous pensez observer.

Ce qui compte davantage est de constater si le phénomène se répète et d’organiser une évaluation lorsqu’il est fréquent ou associé à d’autres symptômes.

Attention à ne pas confondre une suspicion d’apnée du sommeil avec une urgence respiratoire.

Si une personne est inconsciente et ne respire pas normalement, ou si sa respiration ne reprend pas comme habituellement, il s’agit d’une situation différente. Appelez immédiatement les secours au 15 ou au 112 et suivez leurs instructions.

Des pauses nocturnes brèves suivies spontanément d’une reprise respiratoire ne doivent pas, à elles seules, être assimilées à un arrêt cardiaque.

Que peut-on faire dès les prochaines nuits ?

Il n’est pas nécessaire de transformer la chambre en laboratoire du sommeil.

Quelques observations simples peuvent déjà aider à expliquer la situation plus clairement lors d’une consultation : les épisodes semblent-ils exceptionnels ou se reproduisent-ils plusieurs fois ? Surviennent-ils surtout lorsque votre conjoint dort sur le dos ? Le ronflement est-il présent presque toutes les nuits ? La reprise respiratoire est-elle particulièrement bruyante ? Votre conjoint se plaint-il le lendemain de fatigue ou de somnolence ?

Si vous avez déjà une montre connectée, certaines données comme la durée du sommeil, la fréquence cardiaque ou la saturation en oxygène lorsqu’elle est disponible peuvent également fournir un contexte supplémentaire.

Ces informations ne permettent pas de diagnostiquer une apnée, mais elles peuvent aider à présenter plus précisément ce qui se passe la nuit.

Analyser une nuit avec l’APP mobile

Dans cette situation précise, analyser une nuit peut être une première étape particulièrement naturelle : le problème que vous cherchez à comprendre se produit justement pendant que votre conjoint dort.

L’APP mobile, disponible sur iPhone et Android, permet d’enregistrer certains éléments d’une nuit avec le téléphone, notamment les ronflements et les mouvements. Si une montre compatible est utilisée, certaines données de sommeil peuvent également être importées et rapprochées des symptômes déclarés.

L’objectif est d’obtenir une évaluation structurée de la nuit et de mieux documenter la situation avant la suite du parcours.

Analyser une nuit

Enregistrer certains éléments de la nuit avec le téléphone ou importer les données compatibles d’une montre connectée.

Analyser une nuit →

Un point est essentiel : entendre un silence dans un enregistrement sonore, détecter des ronflements ou observer une variation sur une montre ne confirme pas une apnée du sommeil.

Un téléphone ne mesure pas de la même manière qu’une polygraphie médicale le débit respiratoire, les efforts thoraciques et l’oxygénation. L’analyse numérique sert donc ici à évaluer, documenter et préparer la suite, pas à remplacer l’examen diagnostique.

Un enregistrement avec le téléphone peut-il prouver qu’il fait des apnées ?

Non.

C’est une distinction importante, car un enregistrement peut parfois sembler très impressionnant : ronflement intense, plusieurs secondes de silence, puis grande inspiration. Il est tentant d’en conclure immédiatement qu’il s’agit d’une apnée.

Mais un son ne permet pas de savoir précisément ce qui se passe au niveau du débit d’air, de l’effort respiratoire ou de l’oxygénation.

Même chose pour une montre connectée : certaines données peuvent être intéressantes, voire conduire à rechercher un trouble respiratoire, mais elles ne remplacent pas l’examen médical approprié.

Il faut donc distinguer observer un phénomène compatible avec une apnée et mesurer médicalement des apnées et des hypopnées.

Quand faut-il consulter ?

Des pauses respiratoires répétées constatées pendant le sommeil constituent déjà une bonne raison d’en parler à un médecin, en particulier lorsqu’elles s’accompagnent d’un ronflement important ou de reprises respiratoires haletantes.

La consultation devient d’autant plus pertinente si votre conjoint présente également un sommeil non réparateur, une fatigue importante, des réveils avec sensation d’étouffement, des maux de tête matinaux ou une somnolence pendant la journée.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que tous ces signes soient présents.

Un autre point mérite une attention particulière : la somnolence au volant.

Si votre conjoint lutte pour rester éveillé lorsqu’il conduit ou s’est déjà assoupi au volant, il ne faut pas simplement attendre de voir si cela passe. L’Assurance Maladie rappelle qu’une somnolence anormale dans la journée peut rendre la conduite dangereuse. Il faut éviter de conduire dans cette situation et en parler rapidement à un professionnel de santé.

Que préparer avant la consultation ?

Il n’est pas nécessaire d’arriver avec un dossier de cinquante pages.

Quelques informations sont particulièrement utiles : depuis quand vous avez remarqué ces pauses, à quelle fréquence elles semblent se produire, si le ronflement est habituel, s’il existe des reprises respiratoires bruyantes et si les épisodes paraissent plus fréquents dans certaines positions.

Votre conjoint peut de son côté préciser la qualité de son réveil, son niveau de fatigue dans la journée, une éventuelle somnolence, ses réveils nocturnes et ses traitements habituels.

Une analyse réalisée avec une application, les données d’une montre ou même un court enregistrement permettant d’illustrer ce que vous avez entendu peuvent compléter cette description. Là encore, ces éléments sont destinés à montrer le contexte, pas à fournir eux-mêmes le diagnostic.

Comment se déroule ensuite l’évaluation ?

La première étape est généralement clinique.

Le médecin reprend les symptômes, les observations du conjoint, les facteurs pouvant augmenter le risque et les éventuelles autres causes pouvant expliquer la fatigue ou les troubles du sommeil.

Il peut aussi utiliser des questionnaires ou des échelles standardisées pour évaluer le risque de SAHOS ou la somnolence.

Si un trouble respiratoire du sommeil est suffisamment suspecté, l’étape suivante est généralement un enregistrement du sommeil.

La polygraphie ventilatoire

La polygraphie ventilatoire enregistre plusieurs paramètres respiratoires pendant la nuit : notamment le débit d’air, les mouvements respiratoires, la fréquence cardiaque et la saturation en oxygène selon le dispositif utilisé.

Elle peut souvent être réalisée à domicile. C’est très différent d’un téléphone posé sur la table de nuit : le matériel est spécifiquement conçu pour mesurer les événements respiratoires nécessaires à l’interprétation médicale.

La polysomnographie

Dans certaines situations, un examen plus complet est nécessaire : la polysomnographie.

Elle ajoute notamment l’enregistrement de l’activité cérébrale, des mouvements oculaires et de l’activité musculaire. Elle permet donc de déterminer les différentes phases du sommeil et d’étudier plus précisément ce qui s’y produit.

Le choix entre ces examens dépend du contexte clinique. Il n’est pas utile de décider soi-même lequel demander : c’est justement le rôle de l’évaluation médicale.

Plusieurs façons d’avancer

Tout le monde n’a pas besoin de commencer de la même manière.

Si vous venez d’observer le problème et souhaitez d’abord mieux comprendre ce qui se passe pendant la nuit, l’APP mobile permet d’enregistrer une nuit ou d’exploiter les données compatibles d’une montre.

Si votre conjoint préfère commencer simplement par ses symptômes, Sleep-Detective propose un questionnaire court et adaptatif, sans matériel, destiné à réaliser une première évaluation du sommeil et du niveau de risque.

Faire un premier point avec Sleep-Detective →

Si vous souhaitez passer directement par un professionnel, DocteurSommeil.fr référence des médecins et centres du sommeil partout en France. L’annuaire permet de rechercher un professionnel selon sa localisation. Les professionnels référencés ne sont pas nécessairement partenaires de DocteurSommeil.fr.

Trouver un médecin du sommeil près de chez moi →

Enfin, si votre conjoint préfère avancer à distance, Sleepizzzy permet de réaliser une évaluation structurée puis de poursuivre, lorsque c’est pertinent, vers un avis médical. Le parcours utilise SNOZAS+ pour structurer les symptômes et l’orientation.

SNOZAS+ est un outil d’évaluation et de tri clinique. Il ne remplace pas le médecin et ne pose pas, à lui seul, un diagnostic d’apnée du sommeil.

Commencer un parcours d’évaluation à distance →

Alors, que faire si votre conjoint arrête de respirer la nuit ?

Vous n’avez pas besoin de déterminer vous-même si chaque silence correspond réellement à une apnée.

Si vous observez à plusieurs reprises un ronflement qui s’interrompt, un silence respiratoire puis une reprise bruyante de la respiration, retenez surtout que cette observation mérite d’être prise au sérieux et décrite.

Vous pouvez commencer par documenter ce qui se passe sur quelques nuits, vérifier s’il existe d’autres symptômes et, si vous le souhaitez, réaliser une première évaluation numérique ou par questionnaire.

Mais lorsque les pauses sont répétées, lorsque d’autres symptômes sont présents ou lorsque votre conjoint souffre de somnolence importante, l’étape essentielle reste l’avis médical.

Pauses respiratoires observées

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Observer les autres signes et documenter la situation

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Première évaluation éventuelle

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Avis médical

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Polygraphie ou polysomnographie si indiquée

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Diagnostic et prise en charge si nécessaire

Si vous souhaitez avant tout comprendre ce qui se passe pendant la nuit, vous pouvez commencer par analyser une nuit.

Si vous préférez consulter directement, vous pouvez également chercher un professionnel du sommeil près de chez vous.

Questions fréquentes

Est-ce normal d’arrêter de respirer quelques secondes en dormant ?

Quelques variations de respiration peuvent survenir pendant le sommeil, mais des pauses respiratoires répétées observées par l’entourage, surtout lorsqu’elles sont associées à un ronflement et à des reprises respiratoires bruyantes, peuvent évoquer un trouble respiratoire du sommeil et justifient une évaluation.

Comment savoir si la pause que je vois est réellement une apnée ?

Vous ne pouvez pas le déterminer avec certitude simplement en regardant ou en écoutant votre conjoint dormir. Le diagnostic repose sur une évaluation médicale et, lorsqu’il est indiqué, sur un enregistrement du sommeil capable de mesurer objectivement les événements respiratoires.

Dois-je filmer ou enregistrer mon conjoint pendant qu’il dort ?

Ce n’est pas obligatoire. Un court enregistrement peut éventuellement aider à montrer au médecin ce que vous avez observé, mais il ne permet pas de confirmer une apnée. Vous pouvez aussi simplement noter la fréquence approximative des épisodes et les signes associés.

Une application peut-elle confirmer les pauses respiratoires ?

Non. Une application peut recueillir certains éléments utiles, par exemple les ronflements, les mouvements ou des données compatibles provenant d’une montre. Elle peut contribuer à une première évaluation, mais elle ne remplace pas une polygraphie ou une polysomnographie lorsqu’un examen médical est nécessaire.

Quel médecin consulter lorsque mon conjoint fait des pauses respiratoires ?

Le médecin traitant peut être un premier interlocuteur. Il est également possible de consulter un pneumologue ou un médecin formé à la médecine du sommeil. Selon le contexte, d’autres spécialistes, notamment ORL, peuvent intervenir dans le parcours.

Sources médicales

Assurance Maladie — Symptômes, diagnostic et évolution de l’apnée du sommeil. Mise à jour le 7 août 2026. Consulté le 21 septembre 2026.
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Assurance Maladie — Comprendre les apnées-hypopnées obstructives du sommeil. Mise à jour le 5 août 2026. Consulté le 21 septembre 2026.
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Assurance Maladie — Ronflement de l’adulte et de l’enfant : que faire ? Mise à jour le 1er juillet 2026. Consulté le 21 septembre 2026.
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Inserm — Syndrome d’apnées du sommeil. Dossier mis à jour le 7 mars 2024. Consulté le 21 septembre 2026.
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Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil — Recommandations de pratique clinique du SAHOS de l’adulte. Consulté le 21 septembre 2026.
Consulter les recommandations

Croix-Rouge française — Arrêt cardiaque : conduite à tenir devant une personne qui ne respire pas normalement. Consulté le 21 septembre 2026.
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